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1/ « le rattrapage ethnique »un néologisme de à lexicaliser.
Depuis un an, Alassane Dramane Ouattara a enrichi, la langue française avec le néologisme suivant : « Le rattrapage », à enseigner désormais dans les facultés de science politique. L’académie française devrait en principe lexicaliser ce nouveau concept politique qui pourrait faire l’objet d’une thèse de sociologie ou de science politique. C’est dans une interview accordée au journal français L’Express, qu’Alassane Dramane Ouattara, a utilisé pour la première fois, le mot « rattrapage ». Ceci en marge de l’un de ses multiples voyages en Hexagone.
Il s’expliquait justement, sur ses nombreuses et incompréhensibles nominations tribales, dans l’administration publique ivoirienne, exclusivement réservées aux cadres du Nord et du Grand Nord du Dramanistan. Ouattara a dit exactement ceci dans ce journal français: « Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40% de la population, étaient exclues des postes de responsabilité ». Il faut noter que c’est bien la première fois, qu’un dirigeant africain, à ce niveau de responsabilité, reconnait ouvertement et sereinement, qu’il fait ses nominations sur une base tribale et communautaire.
Cet aveu inédit, a fait le tour du monde. Beaucoup d’encre et de salive ont coulé, sur le néologismede Ouattara dans sa forme pratique. Les linguistes diront que c’est un néologisme de sens parce que le mot rattrapage existe déjà dans la langue française. Ouattara qui ne dit jamais les choses pour rien, lui a donné un sens politique pointu. Alors, il n’est pas inutile de jeter un regard sur la connotation de ce nouveau concept qui, ici, ne peut qu’être couplé avec l’adjectif ethnique.
Le « rattrapage » concerne les membres d’une ethnie qui, semble t-il, étaient exclus des nominations aux postes de responsabilité par Laurent Gbagbo. L’adjectif ethnique est une épithète liée, postposée du syntagme (mot) rattrapage. En grammaire moderne, on dira que le mot ethnique est le complément du nom rattrapage. L’explication est toute simple. Dans le néologisme « rattrapage ethnique » ou « rattrapage » fait sur la base de l’ethnie, le groupe de mots « fait sur la base de l’ethnie » remplace justement l’adjectif ethnique qui est par conséquent, complément du nom rattrapage dont la sémantique est déterminante dans cette réflexion.
Selon Emile Littré, rattraper veut dire, attraper à nouveau et le verbe rattraper peut avoir deux déclinaisons possibles. Il peut signifier joindre, rattraper quelqu’un sur une distance. Il peut aussi signifier compenser, faire l’équilibre, entre deux entités. Le mot rattrapage, quant à lui, désigne tout simplement l’action de rattraper et Ouattara parle de « rattrapage ethnique ». Un rattrapage qui est fait sur la base d’une ethnie. Il y a donc un ciblage. Dans le fond, sur le plan sémantique, Ouattara a abusivement utilisé le mot « rattrapage », parce qu’il ne fait pas un équilibre entre les nominations de Gbagbo et les siennes. Il renvoie carrément tous ceux qui ont été nommés par lui et qui ne sont pas du Nord, pour les remplacer par des ressortissants du Nord et du Grand Nord de la Côte d’Ivoire. En un mot, il limoge tous ceux qui ne sont pas de la même ethnie que lui (Malinké ou Voltaïque). Normalement, Ouattara fait ce qu’on pourrait appeller une« épuration ethnique ». Il va même au-delà du « rattrapage » sur la base de son ethnie, mais restons dans le sens que Ouattara donne à son concept. Le terme ethnielui-même est un concept sociologique colonial. Dans ses enseignements, le professeur Niangoran Bouah préférait utiliser le terme de groupe social à la place d’ethnie qui a une connotation fortement péjorative.
2/ Ethnie ou groupe social, politiquement instrumentalisé par Ouattara.
Le terme ethnie est apparu dans la langue française en 1896. D’origine grecque (ethnos signifiant gens de même origine), il désigne un groupe de personnes, un groupe socialpossédant un ou plusieurs traits socioculturels communs, comme la langue, la religion ou des traditions communes. Le résultat d’une recherche documentaire sur le terme ethnie, nous montre clairement qu’il y a deux approches sociologiques incarnées par Paul Mercier et Max Weber qui représentent également deux écoles. Pour l’essentiel, résumons-les rapidement. Ces résumés faciliteront la compréhension de la suite de notre analyse sur le« rattrapage ethnique » de Ouattara.
L’approche de Paul Mercier : Elle privilégie dans la définition du concept d’ethnie, les critères objectifs que sont la langue, la religion, la coutume, les liens d’ascendance et de descendance. On pourrait ajouter à ces critères, l’espace géographique généralement partagé par les membres d’une même ethnie.
L’approche de Max Weber, quant à elle, considère l’ethnie, non seulement comme un construit social, mais aussi, comme un phénomène instrumental, dans les luttes sociale et politique. Cette approche de l’ethnie, il faut le noter, a permis l’émergence du concept « d’ethnicité » (les liens qui unissent les membres d’une même ethnie) dans la littérature. Ces liens peuvent être créés dans « la vie d’une ethnie », prise ici, comme un système social qui fonctionne, qui évolue dans un espace géographique ouvert à d’autres influences culturelles.
En clair, pour Max Weber, la langue, la religion et la culture sont des critères subjectifs pour définir une ethnie. Il considère d’ailleurs une ethnie, comme un construit social et un instrument de lutte sur la base d’intérêts communs. Rapportée au Dramanistan (nouvelle appellation de la Côte d’Ivoire en Abidjan), c’est l’approche de Max Weber que nous retiendrons pour appuyer notre réflexion.
L’approche du sociologue allemand, nous donne des repères qui indiquent justement, comment Alassane Dramane Ouattara, dans sa course vers le palais présidentiel, a mis en place un construit social, une identité communautaire autour du Dioula, depuis 1993. En fait, autour du Malinké, une langue, en même temps, un groupe ethnique dont l’espace géographique d’influence, transcende largement les frontières ivoiriennes. Vous avez déjà compris pourquoi la crise en Côte d’Ivoire qui a commencé depuis 1993, a pris une proportion ouest-africaine. Un travail de fond a été fait sur le long terme.
3/ L’espace socioculturel mandingue pour asseoir les repères historiques et géographiques d’un faux mythe autour de Ouattara.
En effet, les Malinkés ou Mandingues, ou encore Mandinkas, environ 8,2 millions, sont un peuple de la région ouest africaine (Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, Guinée et Guinée Bissau). Ils sont présents majoritairement au Mali. Les Malinkés pratiquent l’agriculture et l’artisanat en fonction des saisons. Beaucoup sont commerçants. Les commerçants malinkés parlent un Malinké commercial qui est le Dioula. Conséquence, le Dioula qui est une langue, peut être considéré comme « une ethnie virtuelle » en Afrique de l’Ouest.
Pour atteindre donc leurs objectifs, Alassane Dramane Ouattara, ses conseillers et soutiens blancs, néocolonialistes, ont construit leur stratégie sur l’ethnicité, notamment sur la religion musulmane et la culture malinké. On l’a noté, elles couvrent un espace géographique qui transcende les frontières de la Côte d’Ivoire. Ces deux éléments très subjectifs, à un moment donné, n’étaient plus suffisamment fédérateurs dans l’exécution de la stratégie d’instrumentalisation des populations du Nord et du Grand Nord Dramanstan. Dans cet espace géographique, qui va au-delà de la partie septentrionale de la Côte d’Ivoire, il n’y pas que des musulmans même s’ils sont majoritaires.
Une bonne partie des Mossi et Sénoufo est chrétienne ou animiste. Il y a aussi des Malinkés chrétiens. Il y a même des pasteurs et prêtes malinkés au Mali même si ce pays est à 90% musulman. En Côte d’Ivoire, dans le centre et le Sud forestier, vivent de fortes communautés dioulas (les quartiers dioulabougous) qui vivaient en parfaite symbiose avec leur hôtes, bien sûr, avant l’arrivée de Ouattara sur la scène politique ivoirienne
Pour contourner « ces anomalies » qui gênaient l’exécution de sa stratégie d’instrumentalisation de nos frères du Grand Nord (ancien Empire du Mali) sur le terrain, Ouattara et ses conseillers sont passés à une étape supérieure au-delà de la religion musulmane. Ils ont introduit dans leur stratégie qui ne pouvait plus prospérer sur cette base, deux concepts nouveaux, à savoir le délit de faciès et le phénomène d’exclusion d’une communauté ethnique du système social et étatique, sur fond de xénophobie.
4/ La Charte historique du Maden pour légitimer la Charte du Nord et « le rattrapage ethnique »
On se rappelle encore, la Charte du Nord qui divisait la Côte d’Ivoire en deux. Initiée par des proches de Ouattara, elle était certainement une solution politique et militaire, à cette exclusion imaginaire des Malinkés et des groupes ethniques assimilés, ressortissants de cette partie du Dramanistan. Cette malheureuse et historique Charte du Nord, a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Elle se référait, peut être, par ignorance ou pour sa légitimation, à la célèbre Charte du Maden (Mali) ou du Kouroukanfouga.
Pour la petite histoire, cette Charte a été appliquée dans l’Empire du Mali, par Soundiata Keïta, un digne Malinké, après sa victoire de Kirina en 1235, sur Soumaoro Kanté, Roi de Sosso. Notons que les Malinkés constituaient l’ethniedominante de l’Empire du Mali et que la Charte du Maden, initiée par des vrais et authentiques chasseurs traditionnels (Dozos), est l’une des premières déclarations universelles des droits de l’homme dans le monde.
Contrairement à la Charte du Nord qui consacrait un repli identitaire, celle du Kouroukanfouga, magnifiait la cohésion sociale et la non instrumentalisation des populations. Elle comportait quarante articles sous formes de lois. On peut citer pour exemple, des lois sur l’interdiction de l’esclavage, l’éducation, l’écologie, la pratique des règles de cohabitation pacifique avec les peuples vaincus, après la bataille deKirina, et le strict respect de la vie humaine.
Ce qui montre, soit dit en passant, que les Dozos de Ouattara, qui boivent du sang humain et qu’il a déversés dans tout le Dramanistan, ne sont que des Dozos de circonstance. Ils n’ont rien de commun avec les chasseurs traditionnels, une caste de vrais initiés, respectés, qui constituaient la fondation mystique de la société mandingue sous l’Empereur Soundiata Keïta qui régnait en grand maitre dans l’humilité.
D’ailleurs, après sa victoire, l’Empereur Soundiata Keïta n’a pas proclamé, dans une sorte d’ethnocratie, la primauté des Malinkés sur les Bambaras, Wolofs, Toucouleurs et Soninkés qui ont perdu la guerre. Il disposait quand même, il faut le rappeler, d’une armée d’au moins cent mille hommes (100 000). Tous les historiens sont unanimes. Après ces nombreuses conquêtes et sa victoire historique de kirina, le règne de Soundiata Keïta (XIII ème siècle) est connu pour être une époque de paix, de prospérité et de liberté individuelle, suite à la proclamation de la Charte du Maden. Dans leur livre respectif,« Soundjata Keïta ou l’épopée mandingue » et « Soundjata Keïta le lion du Mandingue » Djibril Tasmir Niane et Laurent Gbagbo parlent justement du parcours et du règne pharaonique de l’Empereur du Mali.
Rappelons que l’empire du Mali, qui est né sur les cendres de celui du Ghana (1235). Il regroupait les populations issues des différentes ethnies Mandingues et occupait l’espace géographique de toute l’Afrique de l’ouest. C’était un grand carrefour commercial important au moyen âge, pour les peuples nomades du Sahara et ceux de l’Afrique noire tropicale forestière. Selon des sources médiévales rédigées par des chroniqueurs arabophones, il y a bien longtemps que les populations de l’Afrique de l’Ouest se côtoient et vivent ensemble dans une harmonie parfaite. Même si, malheureusement, au XIXème siècle, le système colonial, sur la base du principe de « diviser pour régner » est venu séparer ces populations regroupées en ethnieou groupes sociaux, avec des frontières artificielles. Ouattara bien évidemment a utilisé cette vieille technique coloniale pour dresser les Ivoiriens du Nord et les étrangers (Malinké, et Voltaïque) contre ceux du centre, du Sud forestier et de l’Ouest montagneux.
Il a fondé cette division sur l’ethnie. Se fondant sur la vision de Max Weber, on peut dire, sans risque de se tromper, que Ouattaraet ses conseillers ont utilisé le concept d’ethnie, comme un élément socioculturel d’identification et d’action politique. C’est un principe sociologique déterminant. Par instinct de survie, face à des menaces et des actes réels ou supposés de haine et d’exclusion, les populations cibles se retrouvent toujours et se reconnaissent d’abord, en communauté de sécurité et de solidarité. Cette communauté se fondant essentiellement sur la même origine ethnique.
C’est une réaction normale et Ouattara a réussi à créer, une solidarité entre les ressortissants du Nord et autour de lui, sur la base d’une légende (référence à Soundiata Keïta) et d’un mythe, celui du faux leader malinké, descendant de l’Empereur Sékou Oumar Ouattara, fondateur du royaume de Kong au XVIIème siècle.Ouattara et ceux qui l’ont aidé à construire ce mythe sont forcement des faussaires. Les sciences humaines, notamment, l’histoire, comme toutes les autres disciplines universitaires, ont leurs méthodes de travail et de recherche. On ne peut pas refaire l’histoire qui reste une science et se fonde par conséquent sur des faits précis.
« L’ami du Hongrois qui s’est fait roi chez les Gaulois », n’appartient pas à la lignée du digne fils, Malinké, fondateur du royaume de Kong, l’Empereur Sékou Ouattara. Sa succession s’est faite entre 1690 et 1915. Une littérature abondante, digne de confiance, eu égard à la qualité de leurs auteurs, existe sur le royaume de Kong. Pour exemple on peut citer les travaux de :Georges Niamkey Kodjo, sur le royaume de Kong, des origines à la fin du XIXe siècle, de Louis Tauxier, sur les États de Kong et enfin celui de Mahir Saul,sur les maisons des Watara dans l’ouest Burkinabé précolonial.
Il faut signaler que les limites du royaume de Kong dépassaient largement les frontières actuelles du Dramanistan.La ville actuelle de Kong en était la capitale historique. Après les indépendances, les pays Africains ont accepté leurs frontières héritées de la colonisation. Les sujets de l’Empereur Sékou Oumar Ouattara, restés en dehors du carré ivoirien, ne peuvent être considérés comme des nationaux sur la base du droit.
5/ Objectif à court terme du« rattrapage ethnique » : Mettre « les Blakoros et Boussoumanis » en minorité numérique en Côte d’Ivoire.
La culture Mandingue couvre un espace géographique bien défini dont Ouattara s’est abusivement servi. Il a savamment construit son histoire, son mythe autour de l’ethnicité, dans cet espace géographique ouest-africain, musulman, à dominance culturelle mandingue et voltaïque. Conséquence, sur son initiative, on assiste actuellement à une invasion massive de la Côte d’Ivoire. Selon la Charte du Nord, ce pays appartient aux ressortissants du Nord. La notion de Nord ici, étant naturellement « élastique »sur une base socioculturelle. Objectif de cette invasion bien organisée dans le cadre du « rattrapage ethnique », mettre en minorité à court terme, dans leur propre pays « les Blakoros et Boussoumanis » (incirconcis et habitants de la forêt) après de nombreuses naturalisations à coup de décrets. Pour preuve du côté de Bouaflé,cinq mille (5000) Burkinabè ont récemment reçu leurs décrets de naturalisation.
« Le rattrapage » dont a parlé Ouattara, il y a un an, doit être pris très au sérieux, compte tenu de ce qu’on voit en ce moment sur le terrain. Cette pratique tribale, dans son aspect visible, consiste à placer à tous les postes de l’administration centrale et de l’armée, « des exclus d’hier », des ressortissants du Nord et du Grand Nord du Dramanistan. Le Gouvernement de la République de Côte d’Ivoire est composé à 90% de ressortissants du Nord. Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) sont constituées à 98% de Malinkés et de Voltaïques, naturellement toute la hiérarchie de cette armée tribale, est dominée par les anciens Chefs de guerre, tous, de la même ethnie.
« Le rattrapage ethnique » a touché la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI). Sur 903 agents, 450 Blakoros et Boussoumanis, considérés comme des pro-Gbagbo, ont été purement et simplement renvoyés ou mis à la retraite anticipée forcée. Aujourd’hui dans les bureaux, salles de montage et studios de la RTI, tout le monde communique en Dioula. A la Société de Transport Abidjanais (SOTRA)il y a eu une épuration ethnique, 300 agents en majorité des Attié, Abbey et Krou ont été remerciés. Dans cette société de transport urbain, actuellement, tous les chauffeurs (98%), sont Dioulas.
Dans les ministères, les bureaux sont devenus des marchés publics, « rattrapage ethnique » oblige. Les Vendredis, tout le monde doit se mettre en boubou pour attendre la prière de 13h. Ce qui est gênant dans cette affaire, c’est que, les non musulmans, pour bien se faire voir par leurs patrons, sont obligés de suivre la mode. La Côte d’Ivoire est quand même un pays laïc.
Par coïncidence, la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) s’est mise à la mode avec Sidy Diallo à sa tête. Un coup de fil de son géniteur à Ouattara a suffi pour l’y installer. Par la suite, tout naturellement, François Zahoui a été viré pour rien, au profit de Lamouchi, un novice notoire. Heureusement que Didier Drogba, Didier Zokora et les frères Touré sont des garçons très intelligents qui ne veulent jouer qu’au football. Dieu merci, Ils font tout pour maintenir la cohésion au sein des éléphants.
Jacques Anouma en fin de mandat, encore éligible, a été obligé de démissionner de son poste de président de la FIF. Ceci, pour éviter d’être poursuivi pour crimes économiques et de sang, comme tous les autres collaborateurs du Président Laurent Gbagbo. Il était quand même le directeur financier de la Présidence de la République dont l’illustre locataire se trouve injustement incarcéré en ce moment à la Haye. A la direction générale de l’Office National des Sport (ONS), Aboua Koffi Joseph vient d’être remplacé sans raison valable par Koné Salif. La passation des charges entre l’ancien et le nouveau Directeur Général de l’ONS, a eu lieu le Vendredi 04 Janvier 20013 en présence de Sylla Moumouni, Directeur de Cabinet du Ministre des Sports et Loisirs, Alain Lobognon, un très ancien faire valoir Krou, dans la rébellion de Soro Guillaume. Ne parlons même pas des directions générales du Trésor, des Douanes, de l’Aéroport, du port et autres. Elles sont toutes à la mode, depuis les premières heures du « rattrapage ethnique ».
Même l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), est maintenant dirigée par un certain Traoré Moussa qui se rend complice, sans doute, par solidarité ethnique ou par incompétence, du musèlement de la presse par le régime Ouattara. Traoré Moussa est venu récemment en mission à Accra, pour dit-il, inviter les journalistes exilés à rentrer au Dramanistan. « Notre président » a entendu ce qu’il devait entendre et ceux qui devaient le suivre l’ont suivi, moyennant quelques malheureuses petites enveloppes.
6/ Le « rattrape ethnique » affirme la primauté des peuples Malinkés et Voltaïques sur les autres populations ivoiriennes.
Inutile de revenir ici, sur toutes les nominations tribales de Ouattara. Ce qui est important à souligner, s’est le danger que court la Côte d’Ivoire avec une ethnocratie primaire qui consiste à placer partout des ressortissants du Nord et du Grand Nord de la Côte d’Ivoire. Dans les faits, la connotation du « rattrape ethnique » affirme de façon souterraine la primauté des peuples Malinkés et Voltaïques sur les autres composantes de la nation ivoirienne. La Charte du Nord le mentionnait déjà dans ses colonnes.
C’est à croire qu’en Côte d’Ivoire, les plus éduqués, les plus diplômés, les plus intelligents sont du Nord. Tous les régimes fascistes naissent comme ça, autour d’un clan, autour d’une communauté, sur des idées fausses voire des mythes. Pour rappel, le fascisme est une idéologie qui est née en Allemagne et en Italie au XXème siècle. Il s’est très vit développé sur des idées reçues racistes, après la première guerre mondiale, avec les régimes fascistes qui sont arrivés au pouvoir en Allemagne, en Italie, en Espagne et même au Japon.
A cause du fascisme, les peuples de ces pays ont terriblement soufferts et ont été soumis à une sauvagerie effroyable. Les dictateurs fascistes (Adolph Hitler et Benito Mussolini) et leurs administrations, sous formes de clans, de sociétés secrètes et d’organisations mystiques, comme c’est le cas en ce moment au Dramanistan, ont instauré dans leur pays, des régimes totalitaires. La force brute, les agressions, les bains de sang, et la violence étaient la règle de tous les jours. Hitler et Mussolini ont aussi planifié des vagues de terreur au sein des populations avec leurs polices secrètes et milices fascistes. La Direction de la Surveillance du Territoire (DST) avec à sa tête, Inza Diomandé, est devenue une police politique avec des pratiques douteuses. Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, (FRCI), et les Dozos, (une milice tribale), font la loi et tuent en dehors de tout contrôle du système judiciaire, lui-même, aux ordres de la Présidence de la République.
En outre, l’administration fasciste s’est implantée solidement à tous les niveaux de la société, de l’éducation à la culture, de la religion à l’art, et de la structure gouvernementale au système militaire. La police secrète contrôle même la vie privée des personnes de façon quotidienne. L’opposition, du moins, les pro-Gbagbo, les dirigeants et militants du Front Populaire Ivoirien (FPI), sont surveillés comme du lait sur le feu s’ils ne sont pas en prison. Ces pratiques rappellent exactement les méthodes d’Adolph Hitler et de Benito Mussolini. Tout le monde sait, comment ces deux fascistes ont terminé leur folle aventure, après avoir terrorisé leurs concitoyens et provoqué la deuxième guerre mondiale qui a fait plus de 55 millions de morts. Parler de Fascisme ou de totalitarisme au Dramanistan n’est pas exagéré, quand on fait justement un parallèle entre la pratique des gouvernants et les structures de répressions mises en place pour le fonctionnement du système Ouattara.
7/ Un système démocratique repose en principe sur le droit, les devoirs du citoyen et les rapports de force qui existent entre lui et les gouvernants.
À la base de tout régime politique se trouve le phénomène essentiel de l’autorité de l’Etat, de l’exercice même du pouvoir, les droits et devoirs des gouvernants et des gouvernés et les rapports de force qui existent entre eux. Dans ce sens, tout régime politique peut être défini comme l’ensemble des réponses apportées à quatre ordres principaux de problèmes, c’est une démarche classique de la sociologie politique:
Autorité des gouvernants, droits et devoirs des citoyens : Quels sont les fondements du pouvoir politique qui définissent les valeurs du régime ? Ici les rapports entre le régime Ouattara et les Ivoiriens sont basés sur la force et non sur une légitimité démocratique. Ouattara a été imposé aux Ivoiriens par des forces impérialistes coalisées. Le pouvoir est aux mains de quelqu’un qui a été installé par une force militaire et qui gouverne dans un système de parti unique (le RHDP). Il s’appuie sur une armée et une milice tribales. L’inexistence d’un contrôle du pouvoir exécutif est à noter. Les élections législatives passées et celles à venir, ne sont qu’une apparence de démocratie. Elles servent en quelque sorte à légitimer le régime sur le plan extérieur et c’est tout.
Choix des gouvernants et des représentants des citoyens : Comment sont désignées le président de la république et les personnes qui reçoivent la charge et le pouvoir de diriger les structures de l’Etat? Justement dans son ouvrage le Contrat Social, Rousseau différencie trois formes de gouvernements en se fondant sur le mode de choix, le nombre et la qualité des gouvernants : • La démocratie, la plus grande partie du peuple exerce la souveraineté avec un contre pouvoir institutionnel effectif, après des élections justes, crédibles et transparentes selon des standards internationaux. . • L’aristocratie est très proche de la démocratie, ici, la souveraineté est généralement détenue par une minorité d’individus installés au pouvoir par des consultations électorales truquées. La France, ancienne puissance coloniale a encore le monopole du choix des dirigeants en Côte d’Ivoire, selon les principes de l’aristocratie élective. En effet, elle est proche d’un régime démocratique et d’un gouvernement représentatif dans la mesure où elle consiste à confier par « des élections généralement truquées », l’administration d’un pays et des affaires publiques aux plus sages (aux plus soumis) ainsi qu’à ceux qui peuvent mieux défendre les intérêts de l’ex-puissance coloniale. C’est une vieille pratique bien connue, utilisée par la France depuis très longtemps. • La monarchie, le pouvoir exécutif est concentré dans les mains d’un magistrat unique.
Structures mises en place par les gouvernants: Qui sont-elles, quelles sont leurs formes d’organisation et quels rapports les réunissent les unes aux autres ? Le musèlement de la presse, la répression violente de l’opposition politique significative et des pro-Gbagbo par une police secrète, sont érigés en forme de gouvernance.Comme le dit Max WEBER, l’Etat est « un groupement de domination politique de caractère institutionnel dans la mesure où ses gouvernants revendiquent avec succès le monopole de la violence physique légitime ». Au Dramanistan les gouvernants s’arrogent justement le privilège exclusif de recourir à la violence à tout moment. Le but étant d’instaurer la terreur dans le pays. Ces principes fascistes mettent donc en exergue une collaboration formelle verticale et horizontale entre les structures de répressions de tout genre. Il existe une convergence d’action entre la présidence de la République, le système judiciaire, les structures de régulation de la presse, les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), les Dozos et la Direction de la Surveillance du Territoire (DST).
Contrôle et limitation du pouvoir des gouvernants : Comment s’articulent les droits et devoirs des gouvernants avec ceux des citoyens ? Comment se garantissent-ils réciproquement ? Le régime autoritaire de Ouattara s’impose aux Ivoiriens qui n’ont aucun recours. L’Assemblée Nationale, supposée les représenter, est monocolore. La liberté d’expression et d’opinion étant contrôlée, les gouvernants sont en même temps juges et parties. L’appareil de l’Etat est verrouillé par un système ethnique autoritaire. Tout le monde sait par ailleurs, que les fondements de l’autoritarisme sont le rejet systématique des droits des citoyens et même de l’Etat de droit. Dans ce sens, les nombreux rapports des ONG internationales sur l’impunité et le non respect des droits humains en Côte d’Ivoire sont légion.
8/ Conclusion
La Côte d’Ivoire aujourd’hui est sous un régime fasciste qui ne dit pas son nom, eu égard aux critères objectifs de définition des structures et des interactions qui existent entre le pouvoir et les citoyens. Ces pratiques fascistes peuvent être les résultats d’une volonté politique affirmée du régime Ouattara d’asseoir son pouvoir sur la terreur. Elles peuvent être aussi, les anthropies du mauvais fonctionnement et la non maîtrise des systèmes administratif et militaire.
Dans les deux cas, le constat est clair, la Côte d’Ivoire est dirigée par un régime fasciste. Le pays d’Houphouët Boigny est à la croisée des chemins avec le « rattrapage ethnique » comme fondation et gestion de son héritage. Il n’y a pas de visibilité à l’horizon. La fracture sociale est déjà profonde et elle s’agrandie chaque jour avec les emprisonnements et les tortures, malgré l’assurance que Ouattaradonne au Ivoiriens et à ces soutiens extérieurs. Comme au temps d’Hitler, il existe aujourd’hui en Côte d’Ivoire, des camps de concentration où des Ivoiriens sont torturés pour leurs opinions. Ce n’est pas une vue de l’esprit. C’est une triste réalité des preuves existent.
Au nom d’une idéologie légitimatrice des agissements des vainqueurs, la seule valable pour Ouattaraet ses frères, on observe une volonté manifeste du régime actuel, d’installer petit à petit, en Côte d’Ivoire, une pensée politique et une religion uniques. C’est le refus total de la différence, qui fonde l’existence des nations modernes. Le souhait de Ouattara est d’instaurer dans notre pays, une société uniforme, porteuse de germes d’une conflagration meurtrière irréversible et durable. Les discussions actuelles engagées par le régime Ouattara et le FPI, ne peuvent pas aboutir à quelque chose de viable tant que Laurent Gbagbo sera en prison. Ouattara veut tout simplement gagner du temps. Dans son subconscient, il a encore la haine dans son cœur et cherche à se venger des Ivoiriens pour ce qu’il a pu subir, comme humiliation et maltraitance, de la part de son allié actuel.
Le partenaire circonstanciel de Ouattara, dans un mariage de raison, vous le savez, est l’inventeur du concept controversé de l’ivoirité. Il s’appelle Henri Konan Bédié. Un adepte baptisé et confirmé de Dionysos Bacchus, qui a écrit une ineptie historique qui va dans le même sens que le concept de « rattrapage ethnique », dans son livre « les chemins de ma vie ». « Les Bété sont un peuple de danseurs, paresseux et pas faits pour gouvernés ». Justement, le prince de Daoukro, lui, est venu au monde, avec les gènes et du tribalisme, des détournements de deniers publics et du commandement dans ses chromosomes. Etait-il seulement lucide en écrivant les chemins de sa vie ? C’est un autre grand débat. De toutes les façons, le complice actuel deOuattara, a fait ses preuves pendant six ans dans le fauteuil d’Houphouët Boigny, avant d’être chassé par Ouattara qui l’avait prévenu. Le prince de Daoukro a oublié le coup d’Etat du 24 décembre 1999, qui, de par sa faute, a complètement démystifié la Côte d’Ivoire et l’a mise dans une instabilité chronique.
Ouattara, lui, a la rancune tenace. Il ne veut pas de paix en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens qui aiment leurs pays et qui veulent une véritable réconciliation, doivent se mettre ensemble, au-delà de leurs clivages politiques et religieux, pour réfléchir déjà, sur les enjeux de l’élection présidentielle de 2015. Ils doivent s’unir et fermer définitivement, avant qu’il ne soit trop tard, la longue parenthèse tribaliste, divisionniste, trompeuse et honteuse, ouverte en Côte d’Ivoire, par Alassane Dramane Ouattara, depuis la disparition de Félix Houphouët Boigny, le père de la nation ivoirienne moderne. A ce niveau, à son prochain congrès, les militants de base du PDCI/RDA doivent se mobiliser et arracher par tous les moyens, la plus vieille formation politique d’Eburnie, à Bédié et à ses suiveurs qui ont signé un pacte mercantile avec Ouattara.
Le parti créé par « le Vieux » doit véritablement jouer son rôle historique de rassembler les Ivoiriens autour de la mère patrie malade qui a besoin de ses enfants du PDCI/RDA, du FPI et même du RDR. Dans cette dernière formation politique, il y a encore des Ivoiriens lucides qui voient venir le danger d’une véritable guerre civile aux portes de la Côte d’Ivoire. Le pays est bloqué malgré l’exécution d’une grande stratégie de communication mensongère nationale et internationale qui tend à faire croire que tout va bien. Mais, tant que Laurent Gbagbo et ses camarades seront en prison, tant que des milliers de soldats, officiers et combattants seront hors de leurs casernes, tant que des Ivoiriens seront en exil dans la région ouest africaine (27 000 au Ghana), il n’y aura jamais de paix en Côte d’Ivoire. Ce sont des données déterminantes qu’il faut forcement intégrer, sans faux fuyant, dans la démarche de règlement de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.
BEN ZAHOUI DEGBOU
Géographe & Journaliste Spécialiste de Géopolitique et de Médiation Institutionnelle
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