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Alassane Dramane Ouattara est vraiment chanceux ! Il a l’avantage d’être à la tête d’un pays sous développé. Il a donc l’occasion de faire vibrer ses hautes prouesses économiques. Ces prouesses, comme vous le savez s’expriment en chiffres. De la Bceao au Fmi en passant par la primature ivoirienne, il n’a fait que manier les chiffres c’est pourquoi depuis qu’il est là il ne nous fait vivre que de chiffres. Son premier Ministre, un ancien de la Bceao, dès sa nomination a parlé de chiffres. Les chiffres dont il est question se résument en un seul mot : Taux de croissance. 8.6% en 2012. En 2013, 9% et si Dieu est avec le peuple affamé qui ne comprend rien à cette guerre de chiffres, la Cote d’Ivoire aura un taux de croissance à deux chiffres dans quelques mois c’est-à-dire 10%. Le taux de croissance de 2012 signifie que la Côte d’Ivoire a fait un bon bond. Elle a crée des richesses si bien que les populations en bénéficient largement aujourd’hui. Si en 2012 la Côte d’Ivoire a eu un taux de croissance de 8,6 cela veut dire qu’une bonne partie de la population devrait logiquement jouir des fruits de son labeur. Car, selon Charles Diby Koffi anciennement Ministre de l’économie et des Finances pour que le taux de croissance ait un impact sur la vie des populations, il faut qu’il soit le double de la croissance démographique. Et comme Dieu est bon et grand, Charles Diby Koffi a avoué sur la chaine de télévision Africable que le taux de croissance démographique en Côte d’Ivoire est de 3,2 %. Voyez-vous que les ivoiriens sont bénis ! Cela veut dire qu’en 2012 les ivoiriens auraient dû rire aux éclats parce qu’ils ne devraient plus manger, par hasard, un repas par jour. Le taux de croissance supérieur au double du taux de croissance démographique, on ne devrait aucunement éprouver des difficultés à se soigner, scolariser ses enfants, faire face aux prix exorbitants des produits de première nécessité.
Malheureusement, à quelques semaines de la fin de l’année 2012, la misère est aussi présente que le désastre traumatique laissé par la bombe atomique tombée sur Hiroshima et Nagasaki en 1945. Un tour sur les marchés, dans les ménages et vous verrez si le taux de croissance tambouriné par Alassane Dramane Ouattara et son gouvernement ont bien un impact sur les populations. Où est donc passé les effets du taux de croissance ? Certainement que le trésor public a engagé une bonne partie dans le paiement du loyer d’Adama Tounkara, 90 000 000 FCFA pendant 16 mois. Cela fait facilement la modique somme de 1 440 000 000 FCFA ! Fabuleux !
C’est aussi au nom de ce taux de croissance qui existe sur papier mais qui n’est qu’illusion dans le quotidien des ivoiriens que Ouattara et la moitié de son gouvernement se sont déportés à Paris pour secouer la pluie de milliards qui végétait dans l’espace aérien français et qui devait s’abattre comme des grêles sur les ivoiriens. Pleuvoir à Paris et purifier la baie des lagunes pour laquelle Ouattara et son gouvernement n’ont aucune solution ! Passons sous silence ce que vaut le déplacement d’un seul Ministre en Europe.Le taux de croissance sert aussi à cela.
Le premier Ministre Duncan, sur le plateau de France 24 se frottait pratiquement les mains. Des milliards et des milliards, plus de 4 mille milliards viennent d’être décrochés ; « Se sont des engagements fermes » avait-il dit. Heureusement que les ivoiriens ne ont pas dupes. On dira même que le disque est rayé. Vite, changeons-le. Dites, qui ne se souvient pas de ces conteneurs de milliards qui avaient été annoncés en Côte d’Ivoire ? Qui ne se souvient pas de ces chiffres qui avaient fait fuir le bon sens de certains ivoiriens au point où ils se sont sentis obligés de laisser pendre leurs langues avec quelques gouttes de salive les conduisant sur le chemin tordu de l’illusion? Certaines dents fanatiques refusent encore de lâcher le doigt pris entre les mailles. Bref, les premières pluies de milliards, le taux de croissance flottant (toujours à la hausse) ne sont que des mirages. Rien, aucune incidence sur le vécu des ivoiriens. Des chiffres et toujours des chiffres. L’atteinte du point d’achèvement avait aussi laissé place à son concert de chiffres. Les populations attendent toujours. Le fameux Pnd compte nous plonger dans une sorte de croissance forte, soutenue, durable d’ici 2015. Notre statut de pays sous développé, avec son fort taux d’illettrisme et d’analphabétisme nous aidera à vivre de chiffres et d’illusions.
Pauvre Côte d’Ivoire ! |