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Le président camerounais Paul Biya a demandé, mercredi 30 janvier, aux homosexuels, ainsi qu’à leurs défenseurs, qui exigent la dépénalisation des pratiques homosexuelles au Cameroun, de "ne pas désespérer".
Confronté à une forte pression internationale, Paul Biya a-t-il décidé de se ranger du côté des homosexuels du Cameroun, pays où les pratiques homosexuelles sont interdites ? A Paris où il séjourne actuellement dans le cadre d’une "visite de travail", le président camerounais leur a envoyé un message d’espérance, tout en nuançant ses propos.
"Nous avons appris que des gens détenus pour homosexualité ont été libérés. Donc il y a une évolution des esprits. Il ne faut pas désespérer", a indiqué M. Biya, au terme d’un entretien à l’Elysée avec son homologue français, François Hollande.
" Il y a discussion. Les esprits peuvent évoluer dans un sens ou dans un autre mais actuellement c’est un délit", a souligné M. Biya.
En outre, Il a affirmé n’avoir pas abordé la question de l’homosexualité avec M. Hollande, précisant : " (…) avant que je ne sois président ( il est au pouvoir depuis 1982), le code pénal punissait ce délit",
En janvier, deux jeunes condamnés à 5 ans de prison pour homosexualité ont été acquittés en appel, à la surprise générale.
Peu de procédures engagées contre des homosexuels présumés aboutissent à la relaxe, la tendance étant davantage à la condamnation.
En 2011, pas moins de 14 condamnations pour homosexualité ont été prononcées au Cameroun.
En décembre, la Cour d’appel du centre à Yaoundé a confirmé la peine de trois ans de prison ferme infligée à un jeune étudiant, Roger Jean-Claude Mbedé. Lors du jugement en appel, le Ministère public avait fait valoir sa gêne face aux manquements du dossier.
L’étudiant avait été arrêté au domicile d’un intendant à la présidence camerounaise. M. Mbedé avait envoyé des SMS d’amour à l’intendant qui l’avait invité chez lui avant de faire appel aux gendarmes. Au cours de son procès en appel, M. Mbedé a dit avoir fait des avances à cet employé de la présidence parce qu’il avait appris que c’était le chemin pour décrocher un emploi.
Mercredi, M. Mbedé a appelé le président français François Hollande à l’aide afin qu’il intercède auprès de Biya pour que sa peine soit annulée. "M. Hollande, ici au Cameroun, je suis un considéré comme un délinquant car je suis homo. J’ai besoin de votre aide pour convaincre M. Biya d’annuler ma peine de trois ans de prison", a souhaité M. Mbedé dont les propos ont été rapporté par une organisation internationale, All Out.
Plusieurs pays et organisations internationales maintiennent depuis quelques années la pression sur le Cameroun pour qu’il décriminalise les pratiques homosexuelles. C’est notamment le cas de la France.
Contrariés par les sorties d’officiels français sur l’interdiction des pratiques homosexuelles dans leur pays, certains Camerounais souhaitent voir, par exemple, la France dépénaliser la polygamie qui y demeure interdite. Pour eux, on ne saurait parler de liberté individuelle lorsqu’il s’agit de l’homosexualité et l’occulter quand on évoque la polygamie. |